Téléchargement illégal : question / réponse
Par Ju.D le dimanche, 3 juin 2007, 20:00 - références - Lien permanent
Pour reprendre un article paru dans les Infos du Net, voici dix points que tout téléchargeur de musique peut (doit ?!) prendre en considération :
À l'occasion de la deuxième édition à Hong-Kong de
Music matters
(la musique c'est important), le président de l'Ifpi a mentionné les
« dix vérités dérangeantes sur l'industrie musicale aujourd'hui »,
dont voici la traduction :
1.
Pirate Bay,
l'un
des porte-étendards du mouvement anti-droits d'auteur, génère des
milliers d'euros en publicité sur son site, tout en maintenant sa
rhétorique
anti-establishment
sur la musique libre.
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2.
Allofmp3.com,
le très populaire site russe
[qui vend des fichiers MP3 sans DRM et à prix cassés, NDLR],
n'a reçu de licence d'aucun membre de l'Ifpi, a été
désavoué par les ayants droit à travers le monde et fait l'objet d'une plainte en Russie.
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3.
Le crime organisé et même des groupes terroristes utilisent la vente de
CD piratés pour récolter des fonds et blanchir de l'argent.
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4.
Les personnes qui téléchargent illégalement n'en ont rien à faire que
la musique piratée émane de majors ou de labels indépendants.
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5. Moins de chiffre d'affaires pour les labels musicaux veut dire moins d'argent disponible pour miser sur des groupes
underground
et pousse au contraire à investir sur des valeurs sûres.
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6.
Les FAI utilisent souvent la musique comme argument publicitaire, tout
en facilitant l'échange illégal de musique à grande échelle.
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7.
Le mouvement anti-droits d'auteur ne crée pas d'emplois, de chiffre
d'affaires ni de croissance économique - ce sont principalement des
personnes pontifiant sur le monde commercial dont ils ne connaissent
pas grand-chose.
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8.
Le piratage n'est pas lié à un manque de moyens financiers. Le
professeur Zhang de l'université Nanjing a montré que les Chinois qui
achètent des produits piratés appartiennent à la classe moyenne ou
supérieure.
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9.
La plupart des gens savent que c'est mal d'échanger des morceaux
protégés par le droit d'auteur mais ils continueront tant qu'ils ne
seront pas contraints légalement à arrêter, comme l'a démontré une
récente étude par le groupe australien contre le piratage, le Mipi.
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10. Les réseaux
peer to peer
ne permettent pas de découvrir des nouveaux talents. Ce sont principalement les derniers tubes qui sont échangés.
Mais je ne résiste pas à l'envie de citer la réponse point par point de Max Le Mans sur leur forum, tout simplement calmante :
1. Que sont des milliers d'euros quand l'industrie du disque en fait plusieurs dizaine de milliers de fois plus. Du reste, il me semble que toute industrie bien pensée prend en compte des facteurs de risques et fixe les prix des produits qu'elle vend en fonction.
2. Plutôt que de pointer du doigt le site Allofmp3, cette même industrie devrait peut-être se demander avant tout pourquoi ce site fonctionne si bien puisqu'il repose également sur un modèle payant.
3. Comme tout ce qui est illégal. En France, le tabac n'est pas dans la boucle du blanchiment d'argent pour une raison toute bête : il est encadré. Et quand l'encadrement va trop loin au niveau des prix, le phénomène revient. Souvenons-nous du tabac de contre bande ou du tabac importé dans les pays limitrophes...
4. Que ce soit de la musique de majors ou de labels indépendant, la question reste la même : le prix. Notons toutefois que des pirates sont beaucoup plus tentés par le téléchargement de première écoute assortie d'un achat légal quand ce sont des artistes de labels indépendants, par définition des artistes et non pas des producteurs de son.
5. Aux majors de prendre leurs responsabilités. Il me semble un peu trop facile de faire reposer la responsabilité des *choix* faits par l'industrie sur les consommateurs de culture.
6. Les FAI n'ont pas pour vocation à superviser le contenu des échanges faits par ces clients, mais seulement à proposer un accès à Internet. Sinon, ce serait aussi la responsabilité des FAI si il y a des virus, chevaux de Troie et autres spywares et fishing si on garde la même logique.
7. C'est oublier que les mouvements anti-droits d'auteurs, si ils ne connaissent pas bien l'industrie, il semblerait que l'industrie les ignore avec snobisme. C'est un tord selon moi. Ne pas connaître les industries est un fait, avoir une expertise des attentes des consommateurs est un atout. Dommage que les industries n'y portent pas assez attention.
8. Le modèle chinois n'est pas comparable aux modèles des pays déjà industrialisés, les écarts entre classes populaires et classes moyennes et aisées ne souffre d'aucune comparaison. Avoir accès à l'énergie et de quoi manger est déjà un premier pas avant d'aller plus loin.
9. Ce problème n'est pas nouveau pourtant. Souvenons-nous des disques vinyles copiés et diffusés largement sur K7. La technologie a simplement permis un changement d'échelle car cette technologie est au service des utilisateurs finaux. Changement assez important pour obliger l'industrie à revoir son modèle.
10. Les réseaux peer-to-peer ne sont que le prolongement de ce que l'industrie propose, à savoir du produit culturel jetable. Qu'est devenu "Qu'il est bo le lavabo" ? Que sera Fatale Bazouka dans quelques années. Les consommateurs n'ont pas envie d'investir dans des produits qui s'usent trop vite.
Finalement la question est celle des petits producteurs... ceux-là même qui cherchent des vrais moyens de s'en sortir. Par exemple Cherry On Top !!
IL reste que vous pouvez également écouter ce stream (Eclectik sur France Inter du 2 Juin, à partir de la 40ième minute) pour en être convaincu !

Commentaires
Re-réponse :
1- Juste ce qu'il fallait dire : moins y en a qui paie, plus ce sera cher, puisqu'ils vont le "prendre en compte".
4- A ma connaissance, ceux qui écoutent le plus de musique "alternative" sont aussi ceux qui piratent le plus. Je n'ai pas les moyens de vérifier, mais à mon avis, le Français moyen qui aime Johnny achète les disques qu'il écoute plus souvent que l'alter-mondialiste p2p-eur.
4 bis- qui c'est celui-là , pour définir qui est un artiste et qui ne l'est pas ? Selon ses goûts personnels, certainement. Encore une fois, Johnny, c'est peut-être pas de l'art selon ce monsieur, puisque c'est de l'industrie, n'empêche qu'il se la roule tranquille, sans subventions et sans discours à 2 balles, et que les gens achètent, tout simplement.
5- La remarque 5 d'origine était juste : plus la clientèle qui paie se resserre, plus la prise de risque sera limitée, donc moins les petits groupes "pas genre starlettes" auront de chances de trouver producteur. Sur la question du "choix", celui-ci repose bien évidemment sur les consommateurs, et non sur les producteurs (majors ou pas majors). Désolé, mais regardons notre humanité bien en face : les clients veulent de la R'n'B et du Johnny, les majors produisent de la R'n'B et du Johnny. Pourquoi feraient-ils différemment ? Si les clients voulaient de l'auteur-compositeur alternatif ultra-cérébral seul avec sa guitare et son pote au djembé, les majors en proposeraient. Si l'électro avaient plus de clients "payeurs", les majors en proposeraient. C'est des gens rationnels.
7- L'industrie porte une attention totale aux attentes du publics, puisqu'elle dépend justement de lui. C'est la définition même de tout marché. Elle ne porte pas une attention particulière aux anti-droits d'auteur, parce que c'est, par définition, des mauvais payeurs.
8- En effet, la Chine ne peut pas servir d'exemple : un Chinois pauvre n'a pas d'ordinateur, ni Internet, donc il ne pirate pas, c'est évident. Cependant, le manque d'argent n'est effectivement pas une explication. Ca serait trop simple. C'est plus une question de personnes.
10- La remarque 10 de départ était fausse. On découvre un paquet de trucs inimaginable en p2p, y compris des artistes ultra-confidentiels (par homonymies, par mots de titres, etc). Cependant, la réponse 10 et aussi une connerie. Le p2p reflette ce que les gens veulent, et non ce que choisit l'industrie. Qu'est devenu le débardeur que portait ma mère en 1985 ? Matériellement, il existe toujours, mais bon, il sort pas du placard… Est-ce que c'est l'industrie qui obligent le public à changer de goût en permanence ? Le public veut du nouveau, toujours et dans tous les domaines. Même mon aspirateur, il est "nouveau". Voila pourquoi on oublie tout. D'ailleurs, est-ce que qqun peut citer un artiste alternatif "le genre pas jetable, non non, un artiste, un vrai" des années 1980 ? Pourtant y'en avait… On en a connus… Que sont-ils devenus ? On s'en souvient encore moins que du lavabo ! Dernier mot : "investir dans des produits". On achète un disque parce qu'on aime, pas pour faire un investissement.