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vendredi, 21 mars 2008

Les OGM, références et pétition

Pour continuer sur le sujet des OGM et de Monsanto, quelques liens, pour :

Paris, France : Fin octobre, le Commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, s'est courageusement opposé aux grandes compagnies de l'agrobusiness en proposant l'interdiction de la culture de deux maïs OGM (le Bt11 et le 1507) développés par les firmes Syngenta et Pioneer/Dow. Des scientifiques ont en effet démontré que la culture de ces OGM censés combattre des insectes nuisibles au maïs pouvait provoquer des conséquences graves, notamment sur des insectes non nuisibles du maïs, comme le papillon monarque ou sur des "organismes non ciblés" comme des oiseaux. Récemment, il a également été prouvé que les écosystèmes aquatiques pouvaient aussi être affectés.Si la proposition de Dimas était adoptée, il s'agirait d'un véritable tournant. Très favorable aux OGM, la Commission a jusqu'à présent toujours donné son feu vert aux demandes d'autorisation d'OGM, et les autres Commissaires européens, par peur de froisser les puissants intérêts pro-OGM, notamment américains, risquent de s'opposer à l'initiative courageuse de Stavros Dimas.

Il y aurait tant d'autres choses à dire sur le sujet ! N'hésitez pas à l'enrichir avec vos commentaires - ou buzzez sur le sujet et rétroliez !

samedi, 15 mars 2008

Cette semaine sur le web

Revue de signets del.icio.us, avec au menu de la musique en veux-tu en voilà, des infos sur le business du web 2.0, des outils de recherche, et des éléments de démographie française pour votre érudition messieurs-dames !

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mercredi, 12 mars 2008

Dream a little dream of me...

Les rêves ont la côte ! Une dream-marketplace, des artistes qui génèrent à partir du rêve...

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lundi, 10 mars 2008

Monsanto : combien de morts encore ?

Je note ici les quelques effets relevés des OGM, spécifiquement les semences Monsanto. Je tire tout ça du doc passé sur Arte ce jour (11:03:08) et d'une émission de France Inter, Service Public (fin Février dernier).

  • Taux de PCB hallucinant chez les consommateurs d'OGM, avec semences Monsanto : problèmes d'hormones sexuelles, cancers...
  • Suicides en Inde
  • Famine si changement de fournisseur (plus d'autres semences), ou quand la plante ne résiste pas au climat (ça ne marche pas partout)
  • Maladies (plante fragile)

Et d'autres remarques...

Monsanto a été condamnée deux fois pour publicité mensongère (pour RoundUp notamment, qui n'est pas biodégradable contrairement à l'affiché).

Il est évident que le principe de substance équivalente est utilisé de manière abusive pour comparer les protéines naturelles et modifiées. Simplement un argument de communication pour lancer les produits rapidement.

Enfin j'ai pas encore fini le doc et y'a tellement à voir sur cette affaire !

Et pour finir...

La pétition pour la libération des semences prises en otage par les OGM. Cette pétition fait suite au procès perdu par l'association Kokopelli (http://www.kokopelli.asso.fr/), qui œuvre pour la sauvegarde de la biodiversité en distribuant des graines dites "anciennes", ou "paysannes", toutes graines cultivées depuis des siècles, mais qui, n'étant pas issues de l'industrie agro-alimentaire, n'ont plus, aujourd'hui, le droit d'être commercialisées.

"[…] 12 000 ans de construction collective patiente et réfléchie ont abouti à la création d’un patrimoine végétal, technique et culturel inestimable, commun à toute l’humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué […]



Pour les détails : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kokopelli_(association)

mardi, 4 mars 2008

AllPeers c'est fini... mais le principe reste !

Et ça fait mal. On aimait bien ça, nous, partager nos fichiers volumineux grâce à notre navigateur. Mais bon, quand y'a pas de sous, y'a pas de sous... On pourra quand même continuer à l'utiliser, jusqu'à ce que MAJ s'en suive.

[EDIT] En fait j'ai parlé un peu vite... depuis ce matin le réseau est indisponible. sniff...

L'info est sur TechCrunch.

Il reste, pour les films par exemple, Tribler, dont je vous ai parlé précédemment. Enfin j'espère que nous seront toujours tous des pairs, grâce à de nouveaux services :-)

Donc, AllPeers est mort, vive...? Donnez de la voix !

vendredi, 29 février 2008

Joost, Miro, Tribler... La télé au bon goût de p2p

La technologie peer-to-peer (p2p) fait des merveilles. Elle vous permet dès aujourd'hui, grâce à différents logiciels, d'échanger des fichiers volumineux, comme par exemple, des films, mais aussi de suivre la tv en direct (les chaînes du groupe France Télévision par exemple, grâce à Zatoo), ou encore de chercher des torrent et de les télécharger.

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Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

À propos du premier volume de la trilogie Millenium : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes. 2005, Norstedts Forlag ; pour la traduction française, 2006 Actes Sud, collection Actes Noirs.

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jeudi, 28 février 2008

"Vous savez... faut tout tenter dans une ville"

C'est la phrase du jour, que l'on doit à Rama Yade. Le problème c'est que Mme la Secrétaire d'État parle du Malodor, le répulsif employé par la mairie d'Argenteuil pour faire fuir les SDF.

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mercredi, 27 février 2008

Un buzz qui vaut le détour - le faux site marchand

Sur le site de Hema, on peut voir une démo Flash du nouveau site marchand - textile et accessoires hollandais.

Un buzz extrêmement réussi, croisé au détour du blog Elaee. Allez-y, et ne touchez à rien : enjoy.

Un p'tit peu de son (classique) - et test de Fliiby

Décidément j'ai la folie des tests en ce moment. Voici donc le service Fliiby, qui permet non seulement de stocker des fichiers en ligne, mais également - et c'est là que c'est fort - de les partager à travers un sympathique petit module... dont voici un exemple :


Vous aurez bien évidemment reconnu M. Satie, dont la musique est dans la bande-son du nouveau Klapisch, Paris.

Bio-carburera-t-on ?

Eh oui, peu d'audience chez les constructeurs pour les biocarburants 1ère génération (colza, autres céréales qui rentrent dans le circuit alimentaire). Les raisons, le coût est prohibitif, et 200 pompes sur 30 000 stations en France. C'est un peu juste, et personne n'est incité.

Mais voici venir les "agro-carburants" - qui ne sont autre que les biocarburants de 2ème génération ! Générés à partir de déchets céréaliers (tiges de maïs par exemple), ils ne coutent qu'en moyenne 20 centimes d'€ le litre. Vraiment plus abordable ! Et n'empiétant pas sur les produits alimentaires... Mais vous étiez déjà au courant, je vous en avais déjà parlé.

Pour la source, c'est un journaliste RTL au salon de l'agriculture.

mardi, 26 février 2008

La spiritualité et le mulet

Nicolas Sarkozy, notre ch€r président, est revenu sur son "Casse-toi pauvre con", dans un article du Parisien daté d'aujourd'hui.

On pourra remarquer qu'il ne s'excuse pas, tout d'abord. Et que si l'insulte avait été pour lui, elle aurait été considérée comme outrage à magistrat (cf. la récente affaire qui est passée en justice, pour laquelle l'insultant a été condamné).

Mais ce n'est pas le propos de cet article. Ce qui me préoccupe est, j'ai l'impression, plus grave que toutes ces pirouettes et vautrages au sommet de l'État. Il s'agit de la réponse à une question de Nicolas Teindas, lors de ce même interview.

L'extrait qui concerne morale et religion (pour l'article in extenso) :

NICOLAS TEINDAS. En Arabie saoudite, vous avez dit « Dieu est dans le coeur de chaque homme ». Est-ce votre opinion personnelle où vous exprimiez-vous en tant que chef d'Etat ?

En Arabie saoudite se joue une partie absolument essentielle. C'est le pays gardien des lieux saints, la Mecque, et l'Arabie saoudite doit tenir face aux extrémistes. Le roi Abdallah d'Arabie saoudite, quelques semaines avant mon voyage, est allé voir le pape, ce qui est un geste extraordinaire pour le gardien des lieux saints de l'Islam. Il lui a dit: « Ce que nous avons en commun, les religions, est beaucoup plus important que ce qui nous divise ». C'est un geste considérable ! J'ai donc fait un discours sur les religions en disant qu'il était scandaleux de tuer, d'exclure au nom des religions. J'ai dit qu'il n'y a pas un mot de la Torah, pas un mot de la Bible, pas un mot du Coran qui prône la violence, la haine et l'extrémisme. Et que tout devait être fait pour éviter la guerre des religions entre l'Islam et l'Occident. Voilà pourquoi j'ai parlé des religions. Pour le croyant, Dieu est en chaque homme. C'est une phrase que j'ai reprise d'une homélie de Jean-Paul II quand il est venu parler aux JMJ à Longchamp. Je ne dis pas que la religion est la réponse à tous nos problèmes. Mais je constate que quand on a abandonné la morale religieuse, on a abandonné également la morale laïque, et on n'a plus du tout fait de morale. Je respecte ceux qui ne croient pas. Moi-même je ne suis pas pratiquant. Mais Malraux a dit « Le XXI e siècle sera religieux ou ne sera pas ». Le grand problème du monde, c'est d'éviter que les extrémistes fassent basculer le monde dans une guerre des religions. Je crois profondément à la laïcité, mais je ne pense pas que la laïcité doive être une laïcité de combat. La laïcité, c'est reconnaître un droit, le droit de croire ou de ne pas croire. La politique, ça sert à organiser la vie entre la naissance et la mort. Mais ce n'est pas la politique qui répond à la question « Pourquoi la naissance et quoi après la mort ? » C'est ce qu'on appelle la quête de sens. Je ne dis pas qu'il n'y a que le spirituel qui peut y répondre, mais pour beaucoup ça compte. Chaque fois qu'on va à l'enterrement d'un membre de sa famille ou d'un ami, on se dit : la seule chose dont on est sûr, c'est que ça nous arrivera. Je ne suis pas le seul à y réfléchir.

La première phrase qui m'a choquée était reprise dans l'article du Figaro : d'où l'investigation. Et c'est : "Mais je constate que quand on a abandonné la morale religieuse, on a abandonné également la morale laïque, et on n'a plus du tout fait de morale."

Peut-être N.S. oublie-t-il l'Humanisme, en vogue en France depuis cinq siècles au moins ? On peut bien évidemment - que les athées (dont je suis) se rassurent, on peut concevoir le bien et le mal, et ce sans religion. Bien heureusement.

Après, je ne suis pas contre la proposition qui trotte dans la tête de l'homme qui valait 3 Milliards : les religions sont fondatrices des civilisations - l'homme du commun a besoin d'un sens.

Mais c'est là où la deuxième erreur de Sarkozy apparaît : "Mais Malraux a dit « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas »." Eh non, Monsieur le Président, Malraux a (aurait) dit "le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas." Et ça fait une grosse différence ! Le spirituel n'est pas forcé de s'entourer de rites ou d'un culte. Le spirituel peut être insufflé par l'autorité de la cité, l'autorité politique, car c'est le vivre-ensemble, l'esprit de communauté (d'intérêts, de valeurs, de culture...), qui est installé par cette autorité.

Mais là on revient à un autre problème : comment un individualiste forcené peut-il comprendre la spiritualité autrement qu'un instrument, au service de l'élevage des peuples ? Parce que vous avez cru qu'il croit en Dieu ?

Au fait, on devrait toujours se renseigner avant de parler. Voici ce que je trouve sur Wikipedia, article André Malraux :

Lors d'une interview à Pierre Desgraupes (Le Point, 10 novembre 1975), Malraux lui-même déclara ne jamais l'avoir prononcée :

«  Vous savez. On m'a fait dire : "Le XXI e siècle sera religieux". Je n'ai jamais dit cela, bien entendu, car je n'en sais rien. Ce que je dis est plus incertain : je n'exclus pas la possibilité d'un événement spirituel à l'échelle planétaire. Â»

lundi, 25 février 2008

Les logos Aviary

Avec l'avènement des Applications Internet Riches (ou RIA), une suite qui tourne sous Adobe Air est à l'honneur : Aviary. Tout y est : retouche d'image, dessin vectoriel, éditeur sonores et j'en passe tellement y en a et tellement qu'ils ont la classe. Ce que je veux observer ici ce sont ces logos, tous très jolis, et qui forment une véritable ménagerie :


Ici réunis partiellement, ils me font énormément penser à ceux de la fondation Mozilla, avec Firefox et Thunderbird notamment. Et puis les noms ne sont pas sans rappeler ceux-là, du Phoenix (ancien nom de Firefox par ailleurs) à l'Aigle, en passant par le Toucan ou le Hibou. Et le logo Eagle rappelle très fortement celui de Thunderbird :


 The original :Less original :

Ce qui n'enlève rien à la probable qualité des apps - que j'ai hâte de tester dès que l'invit' ß voudra bien arriver !

Test Finetune - une playlist bien jazzy

Voici que je découvre, au gré de l'article de Cavazza sur Air, et d'un passage sur le suslié site, l'application Finetune : encore une playlist sur le web, on se rappelle du tout frais Deezer, et de toutes les tentatives plus ou moins réussies qui ont suivi et ne cessent d'évoluer. Mais on veut bien tenter quand même !

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dimanche, 24 février 2008

Survivant - Chuck Palahniuk

À propos de Survivant, Chuck Palahniuk 1999, Gallimard 2001. Titre original : Survivor.

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jeudi, 21 février 2008

Les cathos ? Les juifs ? Ah, et pourquoi pas les scientologues ?

Tout ce qui donne du sens est positif, selon notre cher président. Et sa directrice de cabinet de jeter le rapport de 1995 sur les sectes... aux orties !

Alors, dangereuse, ou pas, la Scientologie ? On pourrait peut-être inviter Tom Cruise à répandre la bonne parole, après tout...

Ce qui est quand même rassurant dans cette histoire, c'est qu'après l'article du Nouvel Obs relatant les propos de Mme. Mignon, tout le monde s'est insurgé (ici, ici, ou ici). On  ne jettera pas la laïcité avec l'eau du bain culturel français !

samedi, 16 février 2008

Bon. Une bonne chose de faite.

Ca y est, j'ai modifié une bonne partie de mon blog. Maintenant, trop de pub ? Je vais essayer de compenser par un joli header... En tous cas, la possibilité d'utiliser un service de social bookmarking. J'hésite encore à mettre ma bouille... vous la trouverez sans peine sur mon facebook, ou encore sur Linkedin, par ailleurs.

Et puis c'est reparti : en avant pour le contenu. Au menu, des films, des apps web, des opinions... toujours la même salade, quoi !

lundi, 11 février 2008

En cours de refonte...

Site actuellement en travaux... Je rajoute une colonne, je vais également lier mon cv, enrichir le contenu en liant également les posts de mon blog de sémio (Sémiotique des spots publicitaires) - blog dans lequel je projete de faire intervenir des sémiologues / sémioticiens, et puis je vais également rajouter des pubs, alors surtout le cliquez pas sur les pubs ! en fait j'ai du rajouter de la bande passante (grâce à vous chers lecteurs, ma fréquentation commence à grimper - il est donc temps de commencer à rentabiliser), j'espère que vous ne m'en voudrez pas !... Enfin je ferais passer la pilule en tentant de vous fournir des contenus de première pression, des opinions profondes, et des références importantes, le tout avec une bonne dose d'optimisme - il en faut...

Ah, et puis n'hésitez pas à émettre des commentaires sur le design par le biais det article. Thx so much.

jeudi, 7 février 2008

Week-end à Dam... et test de Showmee !

Ce dernier week-end nous avons profité des bas prix d'une compagnie aérienne qu'il ne sert à rien de nommer pour nous envoler vers Amsterdam, ville d'ô combien de plaisirs...

Nous avons bien visité la ville, le Rijksmuseum et le Van Gogh... et en rentrant je trouve un petit billet sur ce site : Showmee — qui permet de créer de beaux diaporamas en ligne (comme ci-dessous), mais aussi de stocker vos photos en haute qualité. Pour le p'tit plus, c'est des lyonnais qui ont conçu l'affaire, et c'est pas pour nous déplaire !...


[EDIT] : N'hésitez pas à aller visiter et tester ce service - déjà approché pour un rachat.

Ayez faim, soyez fous

C'est la morale du discours de Steve Job, lors de la remise des diplomes de Stanford, en 2005. Un beau discours, que j'ai retrouvé dans un article intitulé  "8 vidéos à ne pas manquer si vous êtes entrepreneur". Bien sûr, si l'on est entrepreneur... Mais pas seulement.

Plutôt que "Soyez insatiables, soyez fous", "Ayez faim, soyez fous !". Voici la vidéo, suivie de sa  traduction :


« C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.
« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »

La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.
« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.
« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.
Merci à tous.
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Julien Durand